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Le Quotidien - 2021-05-01

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UN KILOMÈTRE À LA FOIS

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Rblackburn@lequotidien.com

Le bucolique rang Saintmartin de Chicoutimi, qui longe la rivière Saguenay jusqu’à la route de l’anse-àbenjamin à La Baie, figurait au 10e rang du palmarès des dix pires routes du Caa-québec en 2019. Le conseiller municipal de ce secteur et président du comité des finances à Saguenay, Michel Potvin, est au fait de cette réalité, mais le manque d’argent l’empêche de remédier à la situation dans l’immédiat, soutient-il. Je suis allé faire une visite du rang en sa compagnie. Michel Potvin est un producteur laitier et sa ferme est située dans le rang Saint-joseph à Chicoutimi, à proximité du rang Saint-martin où il possède aussi des terres. Le conseiller du district numéro 12, qui s’étend de Laterrière à Rivièredu-moulin, connaît bien le milieu rural. « J’ai 70 kilomètres de rang dans mon quartier qui représente 24 % du territoire de Saguenay. Quand j’ai commencé en politique, les rangs n’étaient pas tous finis [en très mauvais état], mais presque », met en relief le conseiller. 500 MÈTRES À LA FOIS « Depuis le début de mon mandat, nous avons asphalté 17 kilomètres de routes dans les rangs de Chicoutimi. Cet été, nous allons asphalter deux portions de 500 mètres pour améliorer le rang Saint-martin dans les deux endroits les plus endommagés », fait savoir le conseiller, qui m’a fait voir sur place l’état lamentable de la chaussée. La Ville a étendu du bitume flambant neuf, au cours des deux dernières années, à l’entrée du rang Saint-martin, à la croisée du boulevard Saint-jean-baptiste, jusqu’à l’usine de traitement des eaux, mais on a manqué d’argent pour réparer le 100 mètres de route à l’entrée du rang. J’ai du mal à m’expliquer ces décisions. Alors que la machinerie, les employés et le bitume sont sur place, il y a quelqu’un, à la Ville, qui décide de ne pas réparer ce 100 mètres de route qui en a besoin. Il faut vraiment être pauvre comme ville pour économiser un 100 mètres d’asphalte. Le rang Saint-martin ; la Route du fjord ; le chemin que se font indiquer les touristes qui veulent rouler le long du Saguenay pour se rendre à La Baie et au Bas-saguenay aurait besoin de deux à trois kilomètres d’asphalte pour rendre cette route panoramique acceptable et la Ville n’a pas assez d’argent pour remédier à ça. J’ai de la difficulté à comprendre. DES BESOINS ÉNORMES « Les besoins sont énormes dans tous les rangs de la ville. Les gens chialent, on met de l’asphalte un peu partout. Nous avons réglé 40 kilomètres de rang dans notre mandat, mais il y a eu trop de négligence par le passé », fait savoir Michel Potvin. « On s’est donné huit ans pour mettre les rangs de la ville à niveau. Ensuite, on pourra penser à aménager des haltes routières, des bandes cyclables et autres aménagements, mais pour l’instant nous sommes encore en rattrapage ». Évidemment, chaque conseiller municipal de la ville a ses demandes en ce qui concerne l’asphalte, surtout en plein été électoral. Michel Potvin rappelle que l’administration actuelle a injecté de 18 à 20 millions de dollars par année pour paver environ 35 kilomètres de route par année. En 2015, le rapport du vérificateur général de Saguenay indiquait qu’il y avait 400 kilomètres de route en mauvais état. En 2018, selon le service de génie de la Ville, ce chiffre était de 348 kilomètres. Ce chiffre devait être autour de 280 kilomètres en 2020. « Tous les rangs de Saguenay offrent un paysage bucolique. Peutêtre qu’en roulant ici tous les jours, on finit par ne plus voir la beauté et les vues magnifiques qu’offre sur le Saguenay le rang Saint-martin », évoque Michel Potvin, en s’arrêtant au sommet de la côte des Gobeil, le temps d’une photo avec le photographe Rocket Lavoie. UN PROJET POUR PROMOTION SAGUENAY Un beau mandat pour Promotion Saguenay serait de réaliser un projet d’aménagement pour mettre en valeur le rang Saint-martin. L’organisme de développement économique a consacré de l’énergie et du budget pour mettre en valeur les Glaces du fjord en hiver ; il me semble que la Route du fjord mérite autant d’égard que les Glaces du fjord. Il doit sûrement exister un programme gouvernemental fédéral-provincial pour investir sur une des portions où roulent entre autres les cyclistes qui participent à la randonnée des Cols du fjord. Si le maire Jean Tremblay a réussi à investir cinq millions de dollars dans la Place du citoyen, la mairesse Josée Néron devrait être en mesure de faire rayonner la Route du fjord dans sa ville avec un investissement majeur. Comme nous sommes trop pauvres et pas assez visionnaires pour faire de cette Route du fjord un élément de mise en marché touristique avec une signature unique, nous allons nous retrouver, dans huit ans, avec un rang panoramique et bucolique rabouté à coup de 500 mètres d’asphalte au lieu d’une route du fjord digne de ce nom à Saguenay. Peut-être que notre ministre et députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, pourrait être intéressée à faire cheminer un tel projet, si quelqu’un, quelque part, le lui présentait ?

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