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Le Quotidien - 2021-05-01

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MARIAGE D’EXPÉRIENCE ET DE JEUNESSE

AFFAIRES

PIERRE THÉROUX Collaboration spéciale p.theroux@videotron.ca

Il aura fallu plusieurs mois de rencontres et d’échanges. Finalement, après environ un an de discussions entre les dirigeants des deux entreprises, le cabinet boutique d’ingénieurs-conseils Le Groupe Forces de Joliette décidait récemment de joindre les rangs d’équipe Laurence, une plus grande firme spécialisée en génie civil basée à Piedmont dans les Laurentides. « On perdait certains contrats parce que notre petite équipe de cinq personnes n’avait pas la profondeur que nous donne maintenant cette association », explique Thierry Freire, président du Groupe Forces, qu’il a joint lors de sa création en 1992, à titre de vice-président environnement, avant d’en prendre la direction en janvier 2006. Cette acquisition était aussi devenue incontournable pour Équipe Laurence qui souhaite accélérer sa croissance et diversifier ses marchés géographiques. « Ça nous ouvre de nouvelles portes. On voulait étendre nos services dans la région de Lanaudière, mais comme il y a déjà plusieurs firmes de génie, on a préféré faire une acquisition plutôt que d’ouvrir un nouveau bureau », précise Alexandre Latour, président et chef de la direction d’équipe Laurence, qui a commencé à travailler au sein de l’entreprise comme stagiaire en 2005, puis est devenu associé en 2012 et président en 2017. Autre avantage : « On avait besoin de têtes grises. On n’avait pas assez d’employés seniors ayant une grande expérience », ajoute M. Latour. LE BON FIT Il y a une foule de raisons qui poussent des entreprises à s’engager dans un processus de fusion-acquisition : diversification des marchés ou des produits, élimination de la concurrence ou gain de parts de marché, accroissement de la capacité de production ou réduction des dépenses. Mais dans tous les cas, il importe justement « de bien identifier les raisons et l’entreprise cible, et surtout de bien planifier longtemps à l’avance, car c’est un long processus », prévient Saki Tzanidis, expert en fusions-acquisitions au sein de la firme Raymond Chabot Grant Thornton. Les premiers pourparlers entre Groupe Forces et Équipe Laurence se sont amorcés tout juste avant le début de la pandémie. Au fil des rencontres qui, ironiquement, ont eu lieu dans un restaurant de Joliette appelé Le Lapin qui tousse, les deux dirigeants ont notamment appris à bien se connaître et à échanger sur la culture des deux entreprises. « Ça prend un bon fit. Et, même si on aimerait toujours que ça se fasse rapidement, il ne faut surtout pas brusquer les choses », souligne Alexandre Latour, qui a déjà évité une catastrophe, lors de la tentative d’acquisition d’une autre entreprise. « Ça paraissait bien de l’extérieur, les discussions avec l’autre président se passaient bien, mais lors d’un dîner avec les employés, la chicane a pris et tout a dégénéré », raconte M. Latour, qui s’est empressé de retirer son offre. Cette fois, Alexandre Latour n’a pas eu l’occasion de discuter avec les membres de la petite équipe du Groupe Forces avant la conclusion de l’entente. Mais un de ses employés connaissait bien la firme de Joliette pour y avoir déjà travaillé. De plus, « on est comme une petite famille et on se connaît assez bien pour savoir quelle sera la réaction des employés », indique Thierry Freire, qui assume maintenant le poste de responsable du bureau de Joliette de l’équipe Laurence. D’AUTRES MARCHÉS EN VUE L’acquisition de Groupe Forces est une autre étape charnière de la croissance d’équipe Laurence qui a également acquis l’été dernier N. Sigouin Infra-conseils, un cabinet boutique de génie civil situé à Mont-laurier. L’entreprise avait également ouvert en 2018 des bureaux à Gatineau et Boisbriand. « Nous souhaitons conquérir d’autres marchés géographiques, soit par le biais d’autres acquisitions ou par l’implantation de nouvelles antennes », indique M. Latour, dont la firme a vu son personnel passer de 7 employés, lors de sa création en 1983, à quelque 100 professionnels aujourd’hui, dont près de 40 % de femmes. Équipe Laurence entend profiter du nouveau Plan québécois des infrastructures 2021-2031, qui prévoit injecter une somme historique de 135 milliards de dollars, pour stimuler la croissance économique des régions au cours des dix prochaines années. Elle dit ainsi être en mesure de doubler ses revenus qui atteindraient plus de 20 M $ d’ici les 5 prochaines années. En collaboration avec l’école d’entrepreneurship de Beauce et le Groupement des chefs d’entreprise

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