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Le Quotidien - 2021-05-01

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Plus d’équité pour les ouvriers de la fonction publique

AFFAIRES

Depuis dix ans, l’écart se creuse entre les ouvriers de la fonction publique du Québec et les autres personnes salariées. Alors qu’ils continuent à perdre du pouvoir d’achat, que l’attraction et la rétention en emploi s’avèrent de plus en plus difficiles, le manque de volonté politique à regarnir les effectifsestaussidéplorée.carunemain-d’oeuvreplusnombreuse pourrait également faire profiter la population de meilleurs services. En termes de rémunération globale, incluant les congés payés, la retraite, ainsi que tous les autres avantages sociaux, force est en effet de reconnaître que le fossé s’élargit. Depuis 30 ans, les ouvriers membres du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), en tenant compte de l’inflation, ont perdu 7 % de leur pouvoir d’achat. Sur une base annuelle, cela représente 3000 $. Le Syndicat en arrive donc à la triste conclusion que leur rémunération n’est au final ni juste, ni compétitive et qu’elle conduit à un appauvrissement. « La fonction publique québécoise peine à recruter et à retenir la main-d’ oeuvre essentielle qui lui permet d’assurer le maintien de plusieurs services publics, confirme Christian Daigle, président général du SFPQ. Qui plus est, le recrutement est devenu critique dans certaines catégories d’emplois, notamment en ce qui concerne le personnel en mécanique ou celui qui conduit des camions de déneigement. Évidemment, le gouvernement Legault n’a pas causé à lui seul ces problèmes, mais c’est à lui qu’incombe la responsabilité de les régler. » Si la situation actuelle perdure, des ruptures de service pourraient sur venir de plus en plus souvent. Dans les faits, le constat est simple selon le SFPQ : la fonction publique au Québec n’est plus attractive pour le personnel ouvrier. Au lieu d’apparaître comme un employeur de choix, il constitue une voie de dernier recours pour la nouvelle génération. Au ministère des Transports du Québec (MTQ), l’absence de conditions de travail concurrentielles a fait en sorte que plusieurs ont quitté pour de meilleurs salaires dans le secteur privé ou municipal. UNE PERTE D’EXPERTISE « Nous sommes relégués au rôle de club-école pour les autres employeurs des domaines public et privé. Cette fuite d’ouvriers se traduit par une perte d’expertise très précieuse. Les entreprises privées ont alors le beau jeu pour exiger des sommes élevées afin d’ exécuter les travaux que le mtq n’est plus en mesure de réaliser par manque de personnel. On se retrouve par conséquent à la merci de ces compagnies. À cet égard, rappelons par exemple que 900 postes ne sont toujours pas comblés », fait valoir le président général du Syndicat. Celui-ci ajoute que la décision de normaliser le recours à des soustraitants plutôt qu’à ses propres employés reflète une volonté politique. « Dans ce contexte, il est tout simplement impossible d’en discuter en négociation, affirme M. Daigle. La dépendance de l’état vis-à-vis ses fournisseurs entraîne un gaspillage des deniers publics. En accordant des conditions plus avantageuses à son personnel, on économiserait encore. Faire appel à des entreprises privées coûte jusqu’à 2,5 fois plus cher. Le citoyen pourrait en avoir plus pour son argent ! » COMBLER L’ÉCART D’après l’institut de la statistique du Québec, le personnel ouvrier représente le groupe qui accuse le plus grand retard, avec un écart de la rémunération globale de 32 % (11,50 $/h). Le SFPQ réclame l’équité. Il souhaite que la différence entre la rémunération des ouvriers de la fonction publique et celle des autres travailleuses et travailleurs qui occupent des emplois équivalents soit réduite. Depuis trop longtemps, insiste le président général du SFPQ, les ouvriers de la fonction publique québécoise doivent se contenter d’être à rabais. «La situation n’ est pas équitable !, clame-t-il. Il faut une volonté réelle du gouvernement de reconnaître que son personnel mérite d’être mieux valorisé et respecté pour les tâches accompli es, et ça passe par une rémunération comparable aux autres employeurs. Si le gouvernement Legault aspire vraiment à reprendre le contrôle de ses projets d’infrastructure et à freiner l’hémorragie des coûts, le MTQ devra offrir des conditions de travail concurrentielles pour non seulement maintenir le personnel en place, mais en attirer plus.

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