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Le Quotidien - 2021-05-01

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Un 1er mai de reconnaissance

AFFAIRES

Pour la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec(FTQ),l ajournée du1erm ai doit être un jour de reconnaissance.le gouvernement doit passer des paroles aux actes et répondre aux besoins vitaux de sa fonction publique. La crise sanitaire a mis en lumière le travail essentiel des différents personnels de soutien. il est temps qu’ ils obtiennent une véritable reconnaissance. « L’année que nous venons de vivre a mis en lumière le travail vital accompli par le personnel de soutien. Notre premier ministre doit maintenant reconnaître ce travail concrètement en améliorant les conditions de ces travailleuseset travailleurs essentiels au bon fonctionnement des services publics en éducation, en santé et dans les services sociaux tout particulièrement. » UN INVESTISSEMENT Marc Ranger insiste pour que le gouvernement profite du 1er mai pour prendre une nouvelle direction dans le traitement des services publics. « Depuis des années, mais aussi de manière incroyable depuis le début de la pandémie, nos membres sont au front. Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins », ajoute encore le négociateur et coordinateur de la FTQ. Si les investissements dans les infrastructures, dans le béton, est la solution retenue par le gouvernement pour relancer l’économie, qu’en est-il de nos ressources humaines, des femmes et des hommes, de nos membres qui donnent les services à la population,soutiennent les familles québécoises. Nos services publics s’écroulent. Renforcer les services à la population ne doit pas être considéré comme une simple dépense, mais bien comme un investissement dont le Québec a un urgent besoin. DES OUBLIÉS « Depuis quelques semaines, je suis en tournée d’assemblées régionales virtuelles et j’entends beaucoup de gens fâchés qu’on ne parle que des professeurs ou des infirmières et qu’on oublie beaucoup de professions essentielles », explique Marc Ranger. « De nombreuses travailleuses et de nombreux travailleurs se sentent oubliés en santé, en éducation et dans les services sociaux. L’ ensemble du personnel de soutien, entretien ménager, pré posés, technologues, ouvriers spécialisés, agents administratifs, analyste en informatique, secrétaires d’école, se sent laissé pour compte, abandonné. Il n’est pas troptardpouragiretfaireunedifférenceence1er mai,m.legault.» Trop de catégories d’emplois ont des salaires trop bas pour des conditions de travail particulièrement difficiles. « Monsieur Legault parle souvent des emplois de qualité à 30 ou 40 $ de l’heure qu’il veut pour le Québec. Il pourrait commencer par offrir des conditions de travail et un salaire décent à ses employés essentiels », lance le négociateur de la FTQ. UNE RELÈVE À ASSURER « Comment peut-on trouver des concierges pour nos écoles quand, même pour un travail de nuit, on ne peut pas leur offrir plus que 21 $ de l’heure ? », poursuit Marc Ranger. Il explique également qu’il est difficile pour un jeune ouvrier professionnel, un électricien ou un plombier par exemple de choisir de faire carrière dans le secteur public quand il peut commencer dans le privé pour 10 $ de l’heure en plus. « Je ne demande pas de combler le retard d’un coup, mais il est temps de commencer à corriger le tir », ajoute le coordinateur de la FTQ. Il relève également que beaucoup de jeunes qui arrivent ne restent pas. C’est vrai pour tout le personnel de soutien en éducation et dans la santé et les services sociaux, peu importe son titre d’emploi. La relève n’est pas assurée, mais il n’ est pas trop tard. Il faut maintenant revaloriser ces catégories d’emploi en offrant des conditions de travail plus justes et une véritable reconnaissance professionnelle. LES PRIORITÉS GOUVERNEMENTALES À la fin du mois de mars, le gouvernement a déposé de nouvelles propositions. C’est un premier mouvement, même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir. Dans sa nouvelle offre, le gouvernement identifie quatre priorités : • L’amélioration significative des conditions de travail des préposés et préposées aux bénéficiaires. • Une meilleure stabilisation des équipes en soins infirmiers et cardiorespiratoires. • Une meilleure réussite éducative par une plus grande valorisation des enseignantes et des enseignants. • Une amélioration des conditions d’exercice des intervenants oeuvrant en centre jeunesse. « On le voit, il s’agit de mesures très ciblées alors que les problèmes en santé et services sociaux de même qu’en éducation sont bien plus larges. Tout le reste semble sur une voie d’évitement », analyse Marc Ranger. DES SOLUTIONS RÉCURRENTES Le gouvernement propose également pour chaque employé un chèque pouvant aller jusqu’à 1200$.«Jel’aiditàmme Lebel,ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais ce n’est qu’un diachylon sur une plaie ouverte. Ça ne règle rien, ça n’améliore en rien les services à la population, les réseaux de la santé ou de l’éducation », précise le négociateur de la FTQ. Un versement forfaitaire ne corrige pas la question des conditions de travail. C’est à chaque paie que les travailleuses et les travailleurs doivent sentir une différence. « Le gouvernement devrait, pour commencer, prendre en charge le 50 % des assurances de ses employés comme ça se fait minimalement partout ailleurs. il n’ est pas normal que nos membres paient jusqu’à 80 % de leurs assurances dans la fonction publique ! » Marc ranger n’ a jamais connu une telle situation dans toutes les négociations qu’il a menées que ce soit au niveau fédéral, au municipal ou ailleurs, sans même parler du privé. Le gouvernement doit, à l’occasion de ce 1er mai, passer de la parole aux actes. il est temps que la reconnaissance, que tant de travailleuses et de travailleurs attendent, arrive. Il en va de l’avenir des services publics.

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