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Le Quotidien - 2021-05-01

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L’histoire de la fête des Travailleurs

SPIRITUALITÉ

Paulin Michaud, agent pastoral Unité pastorale Valin

Depuis déjà plus d’un siècle, le 1er mai est consacré aux travailleuses et travailleurs à travers le monde. Il semble cependant que son historique soit plutôt méconnu. Comme mon unité pastorale me confie le dossier de la pastorale sociale depuis plusieurs années, je vous apporte de l’information sur le sujet. ORIGINE AMÉRICAINE Cet événement prend racine dans les combats du mouvement ouvrier américain pour obtenir la journée de travail de huit heures. Au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons cette décision. Le 1er mai 1886, une grève générale a amené environ 340 000 manifestants dans tout le pays. Il y eut des morts à celle de Chicago. Toutefois, cette fête prend vraiment racine en Europe. L’idée de consacrer le 1er mai aux travailleurs se fait dans la foulée du climat politique et social de la Révolution industrielle. C’est en fait à Paris, en 1889, à l’occasion du congrès de fondation de l’internationale ouvrière, qu’une résolution est adoptée afin de commémorer la grève américaine des ouvriers de 1986. Le 1er mai deviendra la fête des Travailleurs dans l’ensemble de l’europe, avec jour férié. Contrairement au Vieux Continent, où les luttes ouvrières sont féroces, on préfère au Canada ainsi qu’aux États-unis, donner la préférence à la fête du Travail qui a lieu le premier lundi de septembre. On aime mieux célébrer un accord social des ouvriers avec les employeurs et non pas la confrontation. Les premières manifestations ouvrières du 1er mai au Canada datent de 1907, à Montréal et dans quelques autres grandes villes canadiennes. Elles regroupent surtout des immigrants d’origine européenne (quelle surprise !). Elles resteront plutôt marginales pendant longtemps, sauf au Québec… LE QUÉBEC, UNE SOCIÉTÉ DISTINCTE Le Québec est devenu un cas à part à partir de la fin des années 1960. Dans la foulée de la Révolution tranquille, les luttes syndicales épiques prennent du galon dans les années 1970 ; donc ce semblant d’accord entre patrons et employés prend le bord et on sort plutôt la hache de guerre. La fête du 1er mai prend plus d’importance au Québec à partir de ce moment. On se rapproche du mouvement international, sans toutefois avoir de jour férié. Je remarque que depuis quelques années des groupes populaires et communautaires se joignent à la danse afin d’organiser des activités de sensibilisation qui portent beaucoup sur les personnes en situation de pauvreté dont font partie une quantité importante de travailleuses et de travailleurs. Pensons aux effets de la pandémie de COVID-19. LA CONTRIBUTION DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE AU NIVEAU SOCIAL Peu importe notre position face à l’église, il est important de souligner qu’elle a été une joueuse majeure au niveau social au Québec. Avec le travail des Mouvements d’action catholique, elle a été une figure de proue dans la lutte pour la justice sociale et dans la création du mouvement syndical. Il existe toujours à l’assemblée des évêques catholiques du Québec un comité à caractère social formé de clercs ainsi que de laïcs qui préparent annuellement un message à l’occasion du 1er mai. Cette année, le thème est Pour une relance juste, porter attention à la situation des travailleuses et des travailleurs (pour avoir accès au document des évêques, allez sur la page d’accueil du site de l’assemblée des évêques catholiques du Québec, evequescatholiques.quebec). Le 1er mai 1955, le Pape Pie XII déclara que le 1er mai de chaque année, on célébrera saint Joseph, l’humble charpentier de Nazareth, comme patron des travailleuses et des travailleurs. Face à l’actualité de cette fête, je voudrais terminer avec les propos mentionnés par François Rouillard, professeur d’histoire à l’université de Montréal, dans le journal Le Devoir du 1er mai 2008 : « La célébration du 1er mai a encore toute sa signification pour montrer que les travailleurs salariés sont toujours une force sociale et que le discours néolibéral ne permet pas une distribution équitable des richesses. » À toutes les travailleuses et tous les travailleurs de la région du Saguenay–lac-saint-jean : bonne fête !

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