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Le Quotidien - 2021-10-09

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VINGT LETTRES ENVOYÉES AUX QUATRE COINS DU MONDE

ACTUALITÉS

MÉLANIE CÔTÉ mcote@lequotidien.com

Écrire une lettre manuscrite, l’envoyer par la poste et attendre impatiemment la réponse est une habitude qui s’est perdue au fil des années, mais grâce au projet Journal voyageur, des jeunes de l’école Bois-joli de Shipshaw pourront la découvrir et y prendre goût. En début de semaine, vingt cahiers sont partis aux quatre coins du monde. Au printemps viendra la frénésie de lire les réponses reçues. Le projet est celui de Mélissa Morin, enseignante dans la classe de 5e et 6e année. C’est sa collègue de l’an passé, Julie Dufour, alors à l’école Sainte-bernadette de Jonquière, qui lui avait présenté ce concept, et il l’a suivie à l’école Bois-joli. Le principe est simple : les élèves doivent écrire une lettre de trois paragraphes. Dans le premier, ils se décrivent ; ensuite, ils doivent parler d’où ils viennent, de leur ville, expliquer les différentes saisons ; finalement, ils expriment leurs attentes quant à ce projet. Une lettre de présentation est aussi collée dans le cahier pour expliquer la démarche, en français et en anglais « au cas où ». Ensuite, les élèves choisissent, avec l’aide de leurs parents, une personne de leur entourage à qui envoyer le cahier. Une fois le cahier reçu, chaque destinataire doit écrire une lettre en retour et l’envoyer à une personne de son choix, peu importe l’endroit dans le monde. Et ainsi de suite, tant que le cahier est de retour à l’école dans les alentours du 15 avril. Les élèves pourront alors découvrir quel chemin a parcouru leur cahier et lire les lettres qui auront été collées à l’intérieur. Cette année, les cahiers sont partis en Colombie-britannique, en France, en Espagne, mais aussi à Québec, à Alma et à Bégin, notamment. « L’an passé, nous avons reçu d’un expat du Québec installé au Japon une réponse avec un bout en japonais ! , se réjouit l’enseignante. Maintenant, on communique par texto, par courriel, et c’est rapide. Les jeunes n’ont pas conscience de la grandeur du monde. » Les élèves Eugénie Fillion et Isaac Gagnon-pelletier ont été unanimes lorsqu’ils ont été invités à parler du projet. « Vraiment cool ! », ont-ils répondu. Ils ont respectivement envoyé leur cahier chez un cousin à Whistler et chez une amie de la famille, en France. « Ça peut passer partout ! Si la famille qu’on ne voit pas souvent écrit un mot, ça va nous permettre de prendre des nouvelles », a expliqué Eugénie, qui est présidente de sa classe. Pour Mme Morin, ce projet permet d’enseigner plusieurs notions. D’abord, l’univers social, car les élèves parlent de différents endroits dans le monde, puis la composition de texte, la correction, mais également les normes pour écrire une lettre – les règles de salutations, de politesse, la date, la ville, etc. Au total, il a fallu environ trois semaines de préparation avant de pouvoir poster le Journal voyageur. « Avant d’écrire, on a parlé du monde, des continents. On a vu que Shipshaw, c’est tout petit face au reste du monde ! Les élèves ont aussi fait une page couverture, eux-mêmes ou à partir d’un gabarit. Ensuite, il a fallu prendre le temps de trouver les adresses, d’apprendre les notions et d’écrire les lettres. Et à la fin de l’année, quand ils auront leur cahier, ils pourront se relire et comparer avec ce qu’ils ont appris pendant l’année. Ça leur montre leur belle évolution ! » Car non, toutes les fautes ne sont pas corrigées avant l’envoi. Bien sûr, les élèves sont avisés qu’ils pourraient ne pas avoir de retour, car malheureusement, certains cahiers ne rentrent pas toujours au bercail. Est-ce que le projet fera des petits dans l’école ? « Je ne sais pas ! Mais quand j’en ai parlé au conseil d’établissement de l’école, des parents ont dit espérer que ça dure dans le temps pour que leur enfant puisse le faire ! », explique l’enseignante, visiblement satisfaite du résultat obtenu jusqu’à maintenant.

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