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Le Quotidien - 2021-10-09

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LES LUNETTES STORIES AU BANC D’ESSAI

CARRIÈRES

STEEVE FORTIN redaction@lequotidien.com

Facebook et Ray-ban s’unissent pour concevoir les lunettes Stories, un produit qui se démarque par son côté classique et discret, à des années-lumière de ce qui se fait sur le marché en matière de lunettes connectées. Voici un test complet des lunettes Rayban Stories, des lunettes avec caméras sur la monture. Les lunettes sont fidèles au design classique de Ray-ban, hormis les manchons légèrement plus dodus que sur les lunettes conventionnelles. J’ai essayé le modèle Wayfarer, des verres translucides avec filtre pour la lumière bleue. Ray-ban propose d’ailleurs trois modèles de montures, ainsi que quelques choix de verres, à partir de 369 $. Les lunettes sont très légères et confortables, compte tenu de toute la technologie qu’elles renferment. J’ai pu aisément les porter toute la journée, comme je l’aurais fait avec mes lunettes traditionnelles. Leur ergonomie est presque sans faille. La qualité sonore est quand même bien pour écouter la radio ou des balados, mais pour ce qui est de la musique, ce n’est définitivement pas la tasse de thé des Ray-ban Stories. Un bouton situé sur le manchon droit permet, par une simple pression, de prendre de la vidéo. Le côté extérieur de ce même manchon est tactile et permet de répondre aux appels téléphoniques, de mettre sur pause une chanson ou d’ajuster le volume. Un bouton de mise en marche est localisé à l’intérieur du manchon gauche. Une petite lumière DEL est située en haut à droite, à l’intérieur de la monture, afin de savoir si les lunettes prennent de la vidéo ou de la photo. Si vous faites face aux lunettes, un autre signal lumineux permet d’aviser les gens qu’ils sont filmés, mais cette lumière est petite et parfois difficile à percevoir de jour à une distance de plus de deux mètres. D’ailleurs, avec un petit bout de ruban autocollant noir sur cette lumière, il est possible de filmer aisément quiconque de manière incognito, même si Facebook interdit cette pratique. Il est possible de contrôler les fonctions des Ray-ban Stories avec l’assistant vocal Facebook, et je dois avouer que ça fonctionne très bien. Toutefois, pour le moment, les commandes sont uniquement en anglais. L’application View de Facebook est nécessaire pour configurer les lunettes sur le téléphone. On peut y gérer les photos et vidéos. L’application semble toutefois avoir été bâclée. J’ai eu quelques difficultés à y connecter les Rayban Stories. L’application permet aussi de faire de petits montages accompagnés de musique pour les publier sur les différents réseaux sociaux. Par contre, il est impossible de publier directement du contenu sur Facebook ou sur Instagram, sans devoir passer par cette application. Logiquement, les Stories devraient publier directement des stories sur Facebook et Instagram, mais ce n’est pas le cas pour le moment. Il est également impossible de faire de la vidéo en direct, car les lunettes sont limitées à un maximum de 30 secondes et doivent transiter par l’application View. L’espace de stockage de 4 gigaoctets permet d’emmagasiner environ 500 photos et une trentaine de vidéos de 30 secondes. AUTONOMIE PARFOIS PRÉCAIRE Un étui protecteur de plastique rigide sert à ranger les lunettes tout en les rechargeant. Selon Facebook, l’autonomie de la batterie est de six heures, à condition d’y aller mollo sur les photos et vidéos. Par contre, si vous prenez beaucoup de vidéos, l’autonomie de la batterie risque de fondre à vue d’oeil. Le coffret protecteur offre une autonomie de trois recharges. VIDÉO La qualité des vidéos est bonne lorsque l’éclairage est suffisant, mais par faible luminosité, c’est beaucoup moins reluisant comme résultat. L’effet à la première personne est incroyable, d’autant plus que la stabilisation de l’image est quasi impeccable. Même si vous bougez rapidement ou si vous courez, l’image demeure stable et pleine de réalisme. La résolution de 1184 x 1184 pixels donne des vidéos de forme carrée, idéale pour les stories sur Instagram, certes, mais cela limite grandement l’utilisation hors de ce cadre. Un format HD ou 4K aurait été plus polyvalent que le format non conventionnel proposé. PHOTOS Les photos sont d’une résolution de 2592 x 1944 pixels, et la qualité est bonne, mais sans plus. Et il faut avoir un éclairage suffisant. Les lunettes possèdent deux caméras, mais une seule effectue toute la besogne, et ce, autant pour la vidéo que pour la photo, la seconde caméra servant à créer un effet de profondeur dans les photos. Dans l’application View, il est possible d’appliquer cet effet de profondeur style 3D avec toutes les photos prises par les lunettes, mais le résultat n’est pas très probant dans une grande majorité des essais. FACEBOOK ET VIE PRIVÉE NE FONT PAS BON MÉNAGE Depuis quelques années, Facebook multiplie les bourdes concernant les données privées de ses utilisateurs, ce qui n’est aucunement rassurant pour un produit aussi intime que des lunettes ! Néanmoins, le grand réseau social affirme ne récolter que quelques statistiques sur l’utilisation des lunettes, ne s’intéressant aucunement au contenu généré. UN COUP DANS LE VIDE Les lunettes Ray-ban Stories sont discrètes et ne ressemblent pas à une bizarrerie techno. Cette collaboration entre Rayban et Facebook a sans doute produit la première d’une longue série de lunettes connectées qui seront, dans un avenir rapproché, en mesure de diffuser de l’information en réalité augmentée directement sur le verre des lunettes. Pour ce qui est des Stories, elles semblent être incomplètes, tant au niveau des choix technologiques que pour l’application View. J’ai cherché pendant plusieurs jours la véritable utilité de ce produit, un aspect qui pourrait rendre addictive son utilisation. Mais la seule fonctionnalité qui me donne le goût de porter les Ray-ban Stories tous les jours, ce n’est non pas son caractère techno, mais bien la grande qualité de ses verres. Disons que ce sont de bonnes lunettes Ray-ban... avec un petit plus ! C’est tout. Le produit a été fourni par Facebook.

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