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Le Quotidien - 2021-10-09

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LA MÈRE VEUT LUTTER CONTRE LA CYBERINTIMIDATION

PROXIMITÉ PME

MATTHIEU MAX-GESSLER m.maxgessler@lenouvelliste.qc.ca

Après être passée par toute une gamme d’émotions, la mère de l’adolescent filmé en train de manger des excréments de chien dans un skatepark de Shawinigan souhaite à présent que ce triste incident serve d’exemple pour que les personnes vulnérables soient mieux protégées. La dame, qui tient à préserver son anonymat pour protéger son fils, indique qu’elle était déjà au fait de l’événement, survenu en août dernier. Elle a toutefois été horrifiée d’apprendre que la scène avait été filmée et diffusée brièvement sur les réseaux sociaux, avant que la vidéo n’en soit retirée. « Je suis passée par toute une gamme d’émotions. Quand j’ai vu l’article, j’ai eu peur que mon fils reste associé à l’image d’un ‘‘mangeur de caca’’. Mais quand j’ai vu que la vidéo a été diffusée par TVA Nouvelles, là, j’ai été en colère. J’avais de la rage. Je ne comprenais pas pourquoi on avait mis une vidéo comme ça. Parce que même si l’image est brouillée, c’est mon enfant que j’entends crier et vomir. C’est dégueulasse », confiet-elle avec émotion. L’adolescent en question vit avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Selon sa mère, son agresseur lui aurait promis des jeux vidéo s’il acceptait de manger les excréments de chien, une promesse manifestement faite dans le but de l’humilier et qui n’a pas été tenue. Le garçon a porté plainte contre son agresseur. « Il a décidé de le faire pour que ce qui lui est arrivé n’arrive pas à d’autres », mentionne-t-elle. La mère de la jeune victime indique qu’elle veut à présent transformer la peine et la colère vécues en « quelque chose de positif », soit une réflexion et une mobilisation pour que les mineurs, mais aussi toutes les personnes vulnérables, soient mieux protégés contre les réseaux sociaux et leurs impacts néfastes. Elle souhaite aussi que les adultes soient mieux conscientisés aux dangers de l’utilisation des réseaux sociaux par leurs enfants. Elle plaide pour que l’utilisation des réseaux sociaux soit plus encadrée au Québec. « On ne peut pas réguler Facebook par les lois, puisque c’est une multinationale étrangère, mais on peut encadrer les adultes qui doivent protéger les plus vulnérables », affirme-t-elle. Elle travaille d’ailleurs sur un projet de loi contre la cyberintimidation. Elle propose notamment de tenir les parents responsables lorsque leurs enfants commettent des gestes comme celui qu’a subi son fils, avec la diffusion d’une vidéo lui causant préjudice. « Il devrait y avoir des amendes. On devrait aussi créer une escouade pour lutter contre la cyberintimidation, avec des gens qui s’assurent que la loi soit appliquée. Leur travail, ce serait de compléter celui des policiers, puisqu’ils m’ont dit qu’ils sont débordés », lance-t-elle.

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