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Le Quotidien - 2021-10-09

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QUI POURRA ARRÊTER LES CARDINALS?

ESPACE NFL

MATTHEW VACHON matthew.vachon@lenouvelliste.qc.ca

Après ces quatre premières semaines d’activités dans la NFL, des tendances claires se dessinent. L’une de celles-ci exige que le monde du football prenne très au sérieux ce qui se passe chez les Cardinals de l’arizona, invaincus cette année. À l’aube de cette campagne 2021, la majorité des experts s’entendait pour dire que des équipes comme les Rams de Los Angeles, les Buccaneers de Tampa Bay, les Chiefs de Kansas City, les Browns de Cleveland ou les Bills de Buffalo seraient à prendre très au sérieux pour l’obtention du titre de champion de la NFL. Par la suite, il y avait d’autres prétendants de second ordre, puis dans le troisième groupe, soit celui des équipes qui pouvaient espérer se glisser en éliminatoires, il y avait les Cardinals. Peut-être ont-ils été motivés par ce manque d’égard de la part des experts ? Il faut dire que les représentants de l’arizona jouent avec une fougue fascinante depuis le premier coup de sifflet. Leur victoire convaincante de 37-20 face aux Rams, considérés par plusieurs comme favoris cette année, a de quoi laisser pantois. Leur énoncé est clair : ils sont très sérieux cette année. La défensive de Los Angeles ne laissait que des miettes aux adversaires cette année, tandis que l’offensive roulait à un train d’enfer, mais les Cardinals n’ont même pas été intimidés. Jusqu’ici, les hommes de l’entraîneur-chef Kliff Kingsbury n’ont pas marqué moins de 31 points avec des gains d’au moins 400 verges à chaque sortie. L’électrisant quart-arrière Kyler Murray, premier choix du repêchage en 2019, a tout l’air d’un joueur par excellence de la NFL, avec des récoltes de 1273 verges aériennes et neuf touchés. À cela s’ajoutent 119 verges et trois majeurs par voie terrestre. Tel un véritable chef d’orchestre, il distribue le ballon au sein de son groupe de receveurs avec une répartition franchement intéressante. Si la saison 2020 donnait l’impression qu’il n’y avait que l’étoile Deandre Hopkins pour capter ses passes, ce n’est clairement pas le cas cette fois-ci. Après quatre rencontres, le meneur au chapitre des verges aériennes n’est nul autre que le revenant A.J. Green avec 248 (deux touchés). Après trois saisons gâchées par des blessures, le vétéran de 33 ans semble avoir retrouvé de sa superbe, lui qui compte notamment six campagnes de plus de 1000 verges par la passe avec les Bengals de Cincinnati. Green est suivi dans cette colonne statistique par Christian Kirk (244), Deandre Hopkins (225) et Rondale Moore (211). Avec un tel quatuor pour étirer le terrain, les défensives adverses ne savent plus où donner de la tête. En ne concentrant leurs efforts que sur Hopkins, elles ouvrent la porte à de savoureuses récoltes pour des gars comme Green, Kirk et Moore. Et c’est sans compter l’émergence de l’ailier rapproché Maxx Williams, lui qui compte 179 verges et un touché. Des entraîneurs diront donc qu’il faut les forcer à courir pour éviter de se faire pincer avec de gros jeux aériens. Pas si vite toutefois ! Avec un duo de demi-offensif composé de Chase Edmonds (total de 395 verges) et James Conner (175 verges et quatre touchés), il faut tout de même respecter le déploiement de l’attaque terrestre. Et c’est sans compter que Murray peut prendre la poudre d’escampette en un éclair grâce à son immense mobilité. L’offensive fonctionne donc à une allure fascinante et il sera difficile de la neutraliser puisqu’il semble toujours y avoir un élément laissé sans surveillance pour punir les défensives. PAS QU’UNE ATTAQUE DE FEU Le succès retentissant des Cardinals ne passe toutefois pas que par leurs prouesses en possession du ballon. La défensive y est pour beaucoup également. Sa moyenne de points accordés se situant à seulement 21,25 par match en dit beaucoup. Le fait d’avoir Chandler Jones, auteur de cinq sacs du quart jusqu’ici, et J.J. Watt pour appliquer de la pression est un luxe que bien peu d’équipes peuvent se vanter d’avoir. Ce n’est donc pas un hasard si d’excellentes offensives comme celles des Titans et des Rams ont connu leur part d’ennuis face aux Cardinals. La pression est forte et la tertiaire est en mesure de bien se défendre ou de réaliser de gros jeux. Les secondeurs Isaiah Simmons et Jordan Hicks sont des machines à plaquer tandis que Budda Baker, Jalen Thompson et Byron Murphy Jr sont excellents pour protéger le terrain à leur position respective. Ça offre donc une défensive solide qui peut bien faire face à toutes les menaces. À première vue, ces Cardinals n’ont pas de grandes faiblesses. Ils sont peut-être encore un peu jeunes globalement, ce qui pourrait laisser place à quelques soupçons d’inconstance en cours d’année. Leur calendrier ne sera pas de tout repos également alors qu’il leur reste des affrontements face aux Rams, aux Browns, aux 49ers de San Francisco (2), aux Seahawks de Seattle (2) et aux Packers de Green Bay. La route qui mène vers les éliminatoires ne sera pas une partie de plaisir pour l’arizona, mais s’ils émergent bel et bien comme l’équipe à battre dans cette coriace division Ouest de l’association Nationale, leurs partisans auront toutes les raisons de croire qu’ils peuvent enfin mettre la main sur le Super Bowl.

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