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Le Quotidien - 2021-10-09

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DÉPART CANON, FIN TRIOMPHALE

SPORTS

JOHANNE SAINT-PIERRE jstpierre@lequotidien.com

À défaut d’avoir pu représenter le Canada aux Jeux olympiques de Tokyo, l’almatois Léandre Bouchard aura la fierté et l’honneur de porter le maillot unifolié du champion canadien à chacune des épreuves de vélo de montagne en cross-country olympique, la prochaine saison, et ce, jusqu’aux prochains Championnats canadiens, où il espérera réitérer son exploit. En entrevue sur le chemin du retour de Canmore, en Alberta, où il a gagné à la fois l’épreuve du circuit court (short track) et le cross-country olympique en Coupe Canada, Léandre Bouchard éprouvait un sentiment de satisfaction, à l’issue d’une longue saison bien remplie. « C’est parmi l’une de mes plus belles saisons. J’ai aussi aimé 2019, où j’avais fini la saison en force. Là, c’était un peu l’inverse, mais je me suis quand même bien maintenu. La présente saison a été longue et ça se fait sentir aussi, mais ç’a été une très bonne saison. Je dois me satisfaire de ça. J’en suis très content. » Satisfaisante parce qu’il a investi beaucoup de temps et d’énergie pour rester à jour, malgré les embûches de la pandémie pour l’entraînement et les compétitions. Et ç’a payé. Il a connu un « début de saison canon », dont il est très fier. Lors de la première Coupe du monde en Allemagne, il a en effet terminé 15e au crosscountry, son deuxième meilleur résultat en carrière. Puis, en République tchèque, il a pris le 19e rang pour un deuxième top-20 d’affilée. Difficile de demander mieux, surtout que ces deux étapes faisaient partie du processus de sélection olympique. Malgré qu’il ait été le meilleur Canadien, il n’a pas été retenu. « Il y a eu la déception olympique, admet-il, mais j’ai rapidement tourné la page et j’ai montré que j’étais performant tout au long de la saison. J’ai aussi démontré une belle constance durant toute la saison et j’ai fait de bons apprentissages sur plusieurs aspects, tant sur le plan technique que mental. On apprend aussi des fois de nos erreurs et j’ai bien hâte à l’an prochain. » « Mais là, on va d’abord peser sur reset », image celui qui, à une seule exception, a toujours été le meilleur Canadien élite en Coupe du monde. Et après les Jeux, il a toujours terminé dans le top-30 mondial. Une constance qui lui a aussi apporté satisfaction. CHAMPION CANADIEN Sa victoire aux Championnats canadiens a mis un baume sur la déception olympique. Triple champion canadien chez les U23, il souhaitait ardemment enfiler à nouveau le maillot rouge du champion de cross-country olympique. C’est maintenant chose faite, et il a même eu l’occasion de l’étrenner à l’épreuve de cross-country de la Coupe Canada tenue à Canmore. « Ma consécration de champion canadien, c’était quelque chose de très attendu. C’est tout un honneur et ça va être spécial de commencer la saison avec le maillot du champion canadien l’an prochain. J’ai pu l’expérimenter un peu en fin de semaine », lance-t-il fièrement. Évidemment, il devient l’homme à battre. « Oui, j’ai la pancarte dans le dos, rigole-t-il, très à l’aise avec le défi qui vient avec. Mais en même temps, on se dit que si on l’est, ce n’est pas pour rien. C’est parce qu’on est le meilleur. Je me dois de le porter sur toutes les courses de cross-country. C’est un règlement de l’union cycliste internationale (UCI) et, en même temps, c’est un honneur. » « Mais je ne suis pas champion canadien de tous les sports, donc je ne le garde que pour les épreuves en cross-country », précise-t-il, car maintenant, il y a aussi un maillot de champion pour le circuit court. TOP-30 MONDIAL Avec son doublé à Canmore, Léandre Bouchard a amélioré son classement mondial UCI et tourne autour de la 30e position. « Avec ce que je viens de faire à Canmore, je me situe dans le top-30 international et ça devrait m’assurer, si je me maintiens, de participer aux circuits courts. Et en finissant dans les 24 meilleurs du short track, ça me donne une place sur les trois premières lignes de départ [des courses cross-country]. Pour moi, c’est comme un peu une nécessité et un objectif d’être parmi les 40 premiers pour au moins participer au short track.» Pour garder la forme tout en prenant du bon temps, il participe en fin de semaine au Défi Nepisiguit, une course d’aventure de 140 à 150 km répartis sur deux jours, qui se déroule entre Miramichi et Bathurst, au Nouveau-brunswick. Au programme, vélo de montagne, course, orientation à la boussole et points de contrôle, entre autres. « C’est vraiment un autre genre d’événement qui va me changer les idées. Je le fais en équipe avec Anthony Audet, un cycliste de la Gaspésie qui en a déjà fait et qui a une bonne expérience de ce type de défis. Il va me mentorer », explique l’almatois, visiblement heureux de vivre cette nouvelle expérience qui allie sport et nature. « J’ai aussi d’autres projets que je veux faire durant l’automne. En novembre, ce sera un repos complet. On veut aussi reposer le mental », ajoute celui pour qui un petit voyage « vélo et bagages » n’est pas exclu. Une fois reposé, il se penchera sur la prochaine saison en compagnie de son entraîneur Jude Dufour, toujours avec l’idée de progresser jusqu’aux Jeux de Paris de 2024.

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