Publication:

Le Quotidien - 2021-10-09

Data:

YANNI GOURDE DÉJÀ EN AMOUR AVEC SEATTLE

SPORTS

CARL TARDIF ctardif@lesoleil.com

Quelques jours à peine après son arrivée, il a eu un aperçu de ce qui l’attendait au cours des prochaines années. Invité à un match des Seahawks, de la NFL, Yanni Gourde a vite découvert la passion qui animait les amateurs de cette ville. En se joignant au Kraken, la 32e et plus récente franchise de la Ligue nationale de hockey, il fera désormais partie de la petite histoire sportive de Seattle. Nous sommes en début de semaine, le centre de 29 ans vient de participer à une première séance d’entraînement sans le chandail rouge des joueurs en processus de retour au jeu. S’il ratera le début de la saison à la suite d’une intervention chirurgicale à une épaule subie en juillet, le joueur de Saintnarcisse-de-beaurivage respire le bonheur. Pour plus d’une raison ! « Je n’étais jamais venu à Seattle avant de déménager ici au début du mois de septembre, c’est une super belle ville. Je suis agréablement surpris par ce que j’y vois. Il y a aussi beaucoup d’engouement avec le Kraken, les gens ont vraiment hâte de voir l’équipe », dit-il à propos de sa première impression. Installé depuis un peu plus d’un mois dans la nouvelle maison familiale, l’ancien des Élites de Jonquière n’avait que de bons mots à dire à l’endroit de l’équipe pour le soutien humain, technique et administratif apporté dans les démarches entourant le transfert des siens dans la plus grande ville de l’état de Washington. « Notre petite fille ne va pas encore à l’école, mais il fallait trouver une gardienne et une garderie. On a supervisé le déménagement à distance, tout a bien été. Le Kraken a vraiment tout fait pour nous aider, c’est déjà une organisation de première classe », expliquait-il, en parlant de la vie à l’extérieur de la patinoire, tout aussi importante que celle à l’intérieur de l’aréna. LA PAGE TOURNÉE Justement, il était également excité à l’idée de découvrir, sous peu, le futur domicile du Kraken. « On n’a pas encore eu la chance d’aller voir le Climate Pledge Arena parce que les rénovations ne sont pas encore terminées, on n’a toujours pas vu le vestiaire de l’équipe », précisait celui dont le club disputera ses cinq premiers matchs sur la route avant de faire sa grande rentrée. Le site d’entraînement de l’équipe est situé à Northgate, un quartier au nord de Seattle. Il ne devrait cependant pas être de l’alignement pour le premier match de l’histoire du club, mardi. Ironie du sort, la nouvelle équipe de la LNH croisera le fer avec les Golden Knights, à Las Vegas, qui n’en sont qu’à leur cinquième saison d’existence. L’ouverture locale du Kraken est prévue pour le samedi 23 octobre face aux Canucks de Vancouver. « Nous voulons être aussi compétitifs qu’ils l’ont été au début, mais ça ne sert rien de comparer les deux. Il est beaucoup trop tôt pour le faire. Oui, il s’agit de deux récents clubs d’expansion, mais ils ont été construits d’une manière différente », note celui qui admet avoir été surpris d’être choisi au repêchage d’expansion, le 21 juillet. Deux semaines plus tôt, il remportait la Coupe Stanley pour une deuxième saison de suite avec le Lightning de Tampa Bay, aussi célèbre pour son fameux défilé en bateau sur la rivière Hillsborough, en plein coeur de Tampa. « J’ai été un peu surpris. Il y avait d’excellents joueurs du Lightning laissés sans protection, comme Ondrej Palat et Alex Killorn, entre autres. J’aurais pensé qu’ils prennent l’un d’eux avant moi », confie l’auteur de 80 buts et 187 points en six saisons, dont quatre complètes, avec le Lightning. N’allez cependant pas croire qu’il est déçu de son destin. « J’ai vécu de très bons moments à Tampa Bay. C’est le club qui m’a donné ma première chance dans la LNH et j’ai gagné la Coupe Stanley deux fois de suite. Le Lightning a changé et marqué ma vie. Je leur dois tout et je n’oublierai jamais ce que j’ai vécu là. Mais j’ai déjà tourné la page, je suis prêt à aller de l’avant, j’ai hâte de porter le chandail du Kraken. C’est vraiment cool et excitant de faire partie de l’histoire, de participer à leur première saison. Je ne connaissais pas personnellement les autres joueurs avant d’arriver, mais nous sommes vite devenus des amis. On est tous dans le même bateau. » LE MÊME JOUEUR Sur la glace, Gourde prédit que le Kraken trouvera assez rapidement son identité. « Je pense qu’on sera bon et tannant », analysait celui qui devrait être le pivot de l’un des deux premiers trios, une fois en santé. Pas question pour lui de changer son style de jeu pour autant même s’il sera l’un des points de mire en cette première saison du Kraken. « Ils sont venus me chercher pour le joueur que j’étais et qu’ils aimaient, pas pour devenir quelqu’un d’autre. Oui, j’ai de l’expérience, mais je ne m’ajouterai pas plus de pression. Je veux être moi-même et jouer du hockey responsable. Je sais comment je peux être efficace et faire ma part », notait le produit des Tigres de Victoriaville dans la LHJMQ. En début de semaine, donc, Yanni Gourde s’est offert le luxe de pratiquer sans le chandail rouge des éclopés. « Je suis passé au bleu poudre, c’est pas encore le bleu foncé, mais ça s’en vient », ajoutait-il en riant, quand même conscient qu’il raterait le début de la saison. Ça ne l’empêchera quand même pas de participer à cette première campagne du Kraken et d’ajouter quelques pages à sa propre histoire, déjà captivante.

Images:

© PressReader. All rights reserved.