Publication:

Le Quotidien - 2021-10-09

Data:

L’ANNÉE D’HUBERDEAU ET DES PANTHERS?

SPORTS

SYLVAIN ST-LAURENT sstlaurent@ledroit.com Jonathan Huberdeau a passé un bel été... malgré tout.

Sa saison a pris fin le 26 mai. Les Panthers de la Floride ont baissé pavillon dans le sixième match du premier tour des séries éliminatoires. En fin de compte, le Lightning de Tampa Bay était, tout simplement, trop fort. « C’est une bonne équipe. Ils ont quand même gagné la Coupe », reconnaît l’ailier gauche, qui est originaire de Saint-jérôme. « C’est quand même notre équipe qui leur a donné le plus de fil à retordre. J’ai regardé le reste des séries et c’est ma conclusion. » « Il faudrait peut-être demander aux joueurs du Lightning ce qu’ils en pensent... » Huberdeau est quand même capable de reconnaître que les Panthers n’étaient pas à la hauteur. Son équipe n’était pas assez solide, défensivement, pour résister à la monstrueuse attaque assemblée par Julien Brisebois. « On donnait trop de buts. On donnait trop de chances. Contre Tampa Bay, tu ne peux pas faire ça. Leur power play est dévastateur. À cinq contre cinq, on résistait. On était même un peu meilleurs, je pense. C’est leur power play qui nous faisait toujours mal. » Dans la Ligue nationale de hockey (LNH), on dit souvent qu’il faut échouer, au moins une ou deux fois, avant de réussir. Parce qu’ils sont conscients de leurs faiblesses, les Panthers savent ce qu’ils doivent améliorer. L’étonnante formation, qui a terminé au quatrième rang du classement général, pourrait donc se permettre de viser le sommet. À 28 ans, Huberdeau peut aussi entreprendre la saison avec optimisme. La semaine dernière, les journaux des coops de l’information publiaient la « Liste des listes », dans laquelle ils comparent les projections de quatre réputés magazines destinés aux amateurs de pools de hockey. On arrive à la conclusion qu’il pourrait connaître une saison de 93 points. Dans toute la LNH, neuf joueurs ont obtenu de meilleurs chiffres. « C’est l’fun de voir ça, concède le joueur. Pour nous, même si c’est l’fun, ce n’est pas très important de savoir où on est placés. L’important, c’est la chimie qui se développe dans notre chambre. Tu vois qu’on continue à développer notre identité. Il n’est pas facile de jouer contre nous. J’ai bien aimé notre camp d’entraînement. Nous avons plus de profondeur. Nous avons déjà hâte de commencer. Nous n’avons plus nécessairement besoin de prouver que nous formons une bonne équipe. Maintenant, tout le monde le sait. » JUMBO JOE, CE MODÈLE L’acquisition qui a fait le plus jaser est sans doute celle de Joe Thornton. Le deuxième joueur le plus âgé de la LNH – après Zdeno Chara – s’accroche à son rêve de remporter la Coupe Stanley. Il a échoué, l’an dernier, avec les Maple Leafs de Toronto. Il a maintenant décidé de migrer vers le sud, à la manière d’un snowbird. Il n’est pas pour autant prêt pour la retraite ! Huberdeau est convaincu qu’il peut encore contribuer aux succès d’une formation. « C’est vraiment un bon gars. Je ne dis pas juste ça parce que c’est un bon vétéran dans la chambre. Il travaille très fort, chaque jour. Malgré son âge, il prend chaque pratique au sérieux. Il fait de super belles passes. Sa vision du jeu est incroyable. Il est déjà un des leaders de notre équipe, même s’il vient juste d’arriver. Quand on sera rendus dans les séries, c’est clair qu’on aura besoin de lui. » Humble, Huberdeau est convaincu qu’il peut s’inspirer du parcours de son « vieux » coéquipier pour continuer d’évoluer dans le sport. « Joe n’a jamais été le patineur le plus rapide. Il a toujours réussi à s’imposer à cause de sa vision du jeu. Je me reconnais un peu, làdedans. Moi aussi, la vision, c’est ma force. Bon, c’est certain qu’il est un peu plus gros que moi. On ne joue pas à la même position. Il a quand même fait partie d’équipe Canada. C’est une légende de la LNH. Je me sens privilégié de jouer avec lui. » VERS PÉKIN ? Jonathan Huberdeau a luimême trouvé le moyen de glisser les mots « Équipe » et « Canada » dans la conversation. Ça tombe bien, on voulait justement lui en parler. Son tour est peut-être venu de remporter une médaille olympique pour le Canada. Il était un peu trop jeune pour être un candidat sérieux, il y a huit ans, lorsque les vedettes de la LNH ont participé aux Jeux de Sotchi. Cette fois, il a de bonnes raisons de rêver. Il a d’ailleurs participé à la première rencontre préparatoire, en prévision des Jeux de Pékin. Les bonzes de Hockey Canada ont invité une cinquantaine des meilleurs joueurs au pays. « J’imagine que l’équipe doit être pas mal faite, déjà. Il doit bien rester cinq ou six postes à combler... » « Quand j’étais petit, ça faisait partie de mes rêves. J’ai toujours voulu représenter mon pays. Ce serait une grosse source de fierté pour moi. Si jamais je vais là-bas, je ne voudrai pas me satisfaire d’avoir ma place. Je voudrai gagner la médaille d’or. » « J’essaie quand même de ne pas penser à ça. Je veux penser à mon équipe. Je ne joue pas pour me tailler une place avec l’équipe olympique. Je joue pour les Panthers. Je veux me démarquer par ma constance. C’est le plus important. C’est ce que j’ai appris au fil du temps. » Huberdeau reconnaît cependant qu’il ne voudrait pas se trouver dans les souliers des gens qui auront à prendre les dernières décisions. « Il y a vraiment beaucoup de bons joueurs. »

Images:

© PressReader. All rights reserved.