Publication:

Le Quotidien - 2021-10-09

Data:

Une petite panne salvatrice

ENTRE ELLE ET LUI

PATRICIA RAINVILLE prainville@lequotidien.com PATRICIA RAINVILLE

J’ai vécu l’une de mes journées les moins stressantes depuis longtemps, en début de semaine. Vous me voyez venir. Je parle, bien sûr, de la panne qui a paralysé les médias sociaux lundi. Je dois l’admettre : je suis un peu accro à mes médias sociaux. Je suis du genre à manquer d’air lorsque j’oublie mon cellulaire ou quand ce dernier n’a plus de batterie. J’essaie, le plus souvent possible, de m’accorder de petits moments « déconnectés », bien qu’ils soient assez rares. Pour ceux et celles qui, comme moi, entretiennent une relation quelque peu toxique avec les médias sociaux ou qui sont sollicités de tous bords, tous côtés et à longueur de journée via Messenger, vous avez certainement pu souffler un peu. Après avoir angoissé quelques minutes en voyant que les applications ne fonctionnaient plus, je me suis dit : « Et puis flûte ! Prenons cette panne comme un petit congé forcé ! » Avec le télétravail, Messenger est évidemment devenu, dès les premières semaines de pandémie, le canal principal pour discuter avec les collègues. Et étant présentement affectée temporairement à un poste qui me demande de répondre aux interrogations des membres de la salle de rédaction, des messages, en voulez-vous, en v’là ! Je me suis même surprise, il y a quelques jours, à avoir des hallucinations auditives liées aux sonneries Messenger. Il faut le faire... Je ne dois pas être la seule à avoir pris cette panne comme un moment de répit, puisque les messages bloqués sur Messenger ne se sont pas nécessairement transformés en textos, en courriels et en appels téléphoniques. Probablement que certains ont plutôt choisi d’attendre que la panne soit réglée au lieu d’opter pour une autre façon de communiquer. Et imaginez-vous donc que la Terre n’a même pas arrêté de tourner ! Résultat : ç’a été le calme plat sur mon cellulaire durant quelques heures. Le silence. Et le stress a baissé d’un cran. Entre vous et moi, j’étais presque déçue du retour à la normale, vers 17 h. Et je suis sûre que ces cinq heures ont été bénéfiques pour le taux de stress de certains. Je l’ai vécu comme un droit à la déconnexion obligée. Même si j’étais sur mes heures de travail et que les médias sociaux font maintenant partie de nos vies professionnelles, qu’on le veuille ou non. Le Parti québécois proposait, il y a quelques jours, d’instaurer une semaine sans réseaux sociaux, notamment pour le bien des ados et pour prendre une pause de la haine véhiculée sur le Web. Ça ferait aussi du bien aux adultes de se déconnecter une fois de temps en temps. Une petite panne occasionnelle de cinq ou six heures une fois par mois, ça ne ferait pas de tort non plus.

Images:

© PressReader. All rights reserved.