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Le Quotidien - 2021-10-09

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LE CHÈQUE EN BLANC DE RÉMY SIMARD

ARTS

DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com

Le plus récent livre portant la signature du Robervalois Rémy Simard a pour titre Tombés dans... la frousse ! . Il a produit les illustrations, tandis que le texte émane de Julie Rivard, l’initiatrice de cette série publiée chez Druide. Un troisième opus est déjà en chantier, signe que ces ouvrages destinés aux jeunes lecteurs ont su trouver leur public. Les protagonistes sont Léandre et Marina, des enfants allumés avec lesquels on explore un thème sous toutes ses dimensions, ou presque. Le ton est humoristique, ce qui n’empêche pas de livrer beaucoup de contenu. Même des adultes raisonnablement informés peuvent apprendre des choses en parcourant les 80 pages que renferme un album. « La formule est bonne, puisque de plus en plus, les enfants aiment les docuromans. Les sujets abordés par Julie ne sont pas drabes et en suivant les aventures vécues par les personnages, on assimile beaucoup d’informations sans que ce soit lourd », a fait valoir Rémy Simard au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès. Travaillant à partir des textes, celui qui est à la fois illustrateur et bédéiste doit créer un ou deux dessins par page. Ça représente moins d’ouvrage qu’une bande dessinée, mais davantage qu’un roman jeunesse, précise-t-il. Quant à la marge de manoeuvre que lui accorde l’éditeur, elle est si large qu’on peut l’assimiler à un chèque en blanc. « C’est moi qui décide et l’avantage est que je viens du monde de la BD. Donc, je connais le découpage, ce qui me permet d’effectuer moi-même la mise en page. Si j’ai le goût de réaliser un portrait d’al Capone comme dans La frousse, ou celui de Laurel et Hardy pour le prochain livre, je sais que j’aurai l’espace pour le placer », explique Rémy Simard. Les artisans de la série l’ont choisi sur la foi de son parcours étalé sur près de 40 ans, ainsi que des croquis soumis à leur attention. Ceux qui ont lu la bande dessinée Boris dans les pages du Quotidien ou de La Presse reconnaîtront son trait, bien qu’il ait dû s’ajuster aux besoins de ce projet. « Dans ce casci, mes dessins sont plus proches du croquis », estime leur auteur. Une caractéristique de la série tient à la présence d’un troisième enfant, jamais le même d’un album à l’autre. Dans La frousse, cet honneur échoit à Marie-ange, une gamine férue de sciences. C’est en sa compagnie que le duo, flanqué du porcelet Gontrand, effectue une visite scolaire au Musée des sciences technologiques. C’est une belle occasion d’aborder le thème des phobies, tout en découvrant l’existence d’animaux aussi exotiques que la mystérieuse araignée à toile en tunnel, la guêpe de mer et le conus geographus, un gastéropode dont le venin est suffisamment virulent pour tuer un humain. Ils font honneur au titre du livre, disponible en librairie depuis la fin de l’été. Tout en planchant sur le prochain Tombés dans..., Rémy Simard s’investit dans deux publications qui, elles aussi, verront le jour en 2022. Un ouvrage pour enfants est destiné à La Bagnole, Mon Teddy Bear à moi, tandis que La Pastèque ajoutera une BD à son catalogue. « Ce ne sera pas un Boris », précise le bédéiste, qui a fait vivre de nouvelles péripéties au gamin il y a deux ans, dans l’album Les pierres à feu. Prouche est de retour dans la région. Après avoir vécu 32 ans à Québec, le créateur des «extratouristes» Électrozz et Bozz a profité du dernier été pour s’installer à Chicoutimi. Même s’il approche de l’âge officiel de la retraite, ce déménagement ne signifie pas que l’homme se destine aux travaux légers. Au contraire. Maintenant que la pandémie desserre son étreinte, il souhaite reprendre une activité qui meuble sa vie depuis 1983 : l’animation d’ateliers. C’est ce qui l’a conduit récemment à l’école Antoine-de-saint-exupéry, située à Chicoutimi. En attendant de rencontrer quatre groupes le 16 octobre et deux autres le lendemain, le dessinateur est allé leur faire un coucou. Quelques minutes ont suffi pour voir apparaître des images sur le tableau blanc et des sourires sur la douzaine de visages rassemblés devant lui. Toujours la même, sa méthode d’enseignement prend appui sur les formes géométriques. « Le créneau des ateliers avait commencé tranquillement, avant de débloquer dans les années 1990. Pour que les jeunes aient du plaisir, j’ai développé le dessin par formes géométriques. C’est accessible à tous et cette méthode a mené à la publication des 14 livres de la série Je dessine. Les ventes totalisent 125 000 exemplaires et ce n’est pas fini. On les trouve encore dans les librairies », a raconté Pierre Larouche, alias Prouche, à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès. Ce qui lui permet d’envisager un retour définitif dans sa région, c’est l’expérience vécue au plus fort de la pandémie. Les écoles étant devenues inaccessibles, le bédéiste a adapté le contenu des ateliers à l’outil indispensable que constitue désormais la visioconférence. Après avoir tenu 112 séances au cours de la dernière année scolaire, il maîtrise ce médium et croit que même après la crise, on lui trouvera une utilité. « Avant, j’étais toujours sur la route. J’ai aimé ça, explorer les régions du Québec, me faire des amis partout, mais là, je veux fonctionner différemment. Maintenant que je suis revenu chez nous, à Chicoutimi, je vais continuer à visiter des écoles, mais surtout celles du Saguenay–lac-saint-jean. Ailleurs, je demeurerai présent par le biais des visioconférences. Je peux faire ça à partir de ma maison », fait valoir Prouche. Depuis son retour, il croise d’anciens élèves qui font maintenant partie du réseau de l’éducation. C’est le signe que sa carrière s’est inscrite dans la durée, alors que sa décision de devenir bédéiste, après avoir étudié en technique d’architecture au Cégep de Chicoutimi, ne coulait pas de source. « J’avais un emploi à la ville, une job permanente avec le fonds de pension, mais j’ai donné ma démission pour tenter l’aventure de la BD à l’âge de 26 ans », mentionne-t-il. On comprend les appréhensions de son père, d’autant que la bande dessinée québécoise se résumait alors à peu de choses. C’est après avoir décoré une chambre d’enfant avec un dessin montrant des Schtroumpfs que le déclic était survenu. L’envie de créer ses personnages est devenue irrésistible, ce qui a donné naissance au premier des trois albums de la série Électrozz et Bozz, en 1983. « J’ai foncé làdedans et j’ai trouvé mon bonheur », résume Prouche. Un quatrième album était en chantier quand le Mouvement Desjardins lui a confié un contrat en or. Sa mission consistait à produire un album relatant la vie du fondateur, Alphonse Desjardins. Baptisé La grande aventure d’alphonse Desjardins, l’ouvrage en question totalise 40 pages. Dès sa sortie en 1990, il a suscité un vif intérêt. « Ç’a été un gros hit, confirme son auteur. On l’a publié à 60 000 exemplaires. » Un deuxième album commémoratif, consacré cette fois à la municipalité de Boucherville, a prolongé cette séquence fructueuse. Ensuite, cependant, la source s’est tarie. « J’étais fatigué de faire de la BD, un travail qui te tient occupé sept jours par semaine. T’es toujours làdedans », explique Prouche, dont le caractère extraverti s’est

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