Publication:

Le Quotidien - 2021-10-09

Data:

ÉLECTROCHOC

ARTS

SOLVEIG BEAUPUY sbeaupuy@lequotidien.com

Difficile de rester impassible devant la réalité parfois rude exposée à travers le World Press Photo 2021, présenté au Musée régional de La Pulperie à Chicoutimi, dans le cadre du Zoom Photo Festival Saguenay. Pauvreté, feu de forêt, maladie, guerre et pollution composent cette exposition qui fait une rétrospective de l’année 2020 en 150 photos, année marquée par la pandémie de COVID-19, par les terribles incendies en Californie ou dans la forêt Amazonienne et par les explosions au Liban, entre autres. Né en 1955, le World Press Photo est reconnu depuis plusieurs années comme étant le plus grand et le plus prestigieux concours annuel de photographies de presse au monde. Il a pour but d’éveiller les consciences sur certaines problématiques vécues aux quatre coins de la planète. Cette année, 4315 photographes de plus de 130 pays y ont participé, en rapportant les réalités de leur pays, parfois positives et parfois moins. Les clichés ont été répartis dans huit catégories : Nouvelles générales, Enjeux contemporains, Portraits, Actualité, Environnement, Nature, Sports et Projets à long terme. Seulement 45 photographes ont été primés et exposent dans ce projet qui fera escale dans de nombreux pays. C’est Mads Nissen, un photographe danois, qui remporte le prix de la photo de l’année 2021 dans la catégorie Actualité générale, grâce à son cliché The First Embrace. Cette photographie montre une octogénaire brésilienne recevant sa première embrassade plastifiée en temps de COVID, soit depuis cinq mois, dans sa maison de soins. Les soignants avaient reçu l’ordre de garder au minimum les contacts physiques avec les personnes vulnérables. Grâce à The Hug Curtain, une invention de la maison de soins, les gens ont pu s’embrasser de nouveau. Cette photo, qui peut faire sourire de prime abord, cache une réalité tout autre, quand on sait que le président brésilien, Jair Bolsonaro, a rejeté les allégations concernant la gravité et le danger du virus, a sapé les mesures sanitaires et a forcé les Brésiliens à continuer de travailler pour maintenir l’économie à flot. Le Brésil a terminé 2020 avec l’un des pires records au monde en matière de lutte contre le virus, avec quelque 7,7 millions de cas signalés et 195 000 décès. Un cliché saisissant du photographe indonésien Joshua Irwandi a remporté le deuxième prix dans la catégorie Actualité générale. Intitulée Le coût humain du COVID-19, cette photo montre un corps emballé dans du plastique jaune et étendu dans un

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