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Le Quotidien - 2021-10-09

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UN PREMIER ALBUM POUR LE JEANNOIS GABRIEL GENEST

ARTS

DANIEL CÔTÉ dcote@lequotidien.com PHOTO COURTOISIE

Le saxophone est son instrument de prédilection, mais Gabriel Genest est aussi un compositeur. C’est donc avec une fierté légitime que le musicien originaire d’alma présente le premier album regroupant ses oeuvres. Baptisé Triptyque, cet enregistrement a été créé par le quintette de jazz dont il fut l’un des fondateurs en 2006. Trois plages possèdent également des accents classiques, grâce à la participation du Quatuor Saguenay. « On y trouve 60 minutes de musique et j’ai mis dedans tout ce que j’aimais. Ça comprend le travail du trompettiste Kenny Wheeler, ainsi que le jazz européen dans son ensemble. J’adore également Ravel et Debussy », a raconté Gabriel Genest lors d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès. Une autre de ses sources d’inspiration est le jazz québécois, dont le son se situerait à mi-chemin entre l’europe et les États-unis. Parmi ses représentants les plus illustres, il mentionne François Bourassa et Marianne Trudel. Pour revenir à Triptyque, l’une de ses caractéristiques est son côté enveloppant. La richesse des arrangements montre qu’il est possible de concilier recherche et harmonie, de juxtaposer différentes atmosphères sans qu’il y ait décrochage. Un exemple éloquent est Brume d’automne, l’une des trois compositions réalisées de concert avec le Quatuor Saguenay – les autres sont Fractales et Flowing. C’est lui qui ouvre la voie tout doucement, avant d’être rejoint par les membres du quintette – Benoit Beaupré à la trompette, Marcus Lowry à la guitare, Alex Le Blanc à la contrebasse, William Régnier à la batterie et, bien sûr, Gabriel Genest. La musique se fait caressante et on a le sentiment d’une vraie communion entre les interprètes, alors que chaque groupe a gravé ses pistes séparément. Les jazzmen en premier, à Montréal, puis le quatuor, à Chicoutimi. Tenue au Conservatoire de musique du Saguenay–lac-saintjean, le 25 janvier 2018, cette session avait marqué les débuts de la violoniste Marie Bégin au sein du Quatuor Saguenay. Écouteurs posés sur les oreilles, elle et ses camarades s’étaient moulés aux pistes enregistrées par le quintette, un exercice pas aussi simple qu’on pourrait le croire. « Le processus était complexe, mais je savais que ça irait bien », confie Gabriel Genest. Quelques années plus tôt, lui et le guitariste Ovide Coudé avaient donné un concert avec le quatuor, dans le cadre du Festival jazz et blues de Saguenay. Cette expérience s’étant révélée fructueuse, il était naturel de récidiver. « En plus de la musique, il y a le rapport humain. Ces personnes sont tellement gentilles et ce que je trouve tout aussi particulier, c’est leur éthique de travail. Elles répètent 15 heures par semaine », s’émerveille le compositeur. Il souligne également l’apport du quintette, dont chaque membre a façonné les pièces issues de son imagination. « C’est d’autant plus important que tout n’est pas écrit. Grâce aux concerts, certaines d’entre elles ont eu plusieurs vies », rapporte Gabriel Genest. Il a d’ailleurs hâte de faire vivre l’album sur scène, dans la foulée du lancement tenu à Montréal. L’idée d’en tenir un autre au Saguenay, possiblement au printemps, figure parmi ses voeux les plus chers. En attendant, les amateurs de jazz contemporain peuvent trouver Triptyque sur les plateformes numériques. Quant aux personnes qui tiennent à acquérir une copie physique, elles n’ont qu’à se pointer chez Jello Musique, à Alma.

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